Entrée au Panama

Aujourd’hui, on a quitté la Colombie ! C’était la deuxième fois, mais c’était la bonne.

Après avoir à nouveau galéré à trouver un petit déj à Sapzurro (ils ont vraiment pas envie de vendre des trucs dans ce bled), on a fait nos sacs tranquillement et on est allés sur le port pour attendre Wai. C’est lui qui nous avait emmenés à Sapzurro, et nous avait bien confirmé (ivre) un voyage à Puerto Obaldia, pour 60 000 pesos, à 13 heures. Comme on avait de la marge, on a joué aux dominos, on a lu, on a papoté avec des gens sur le port, qui nous ont proposé de nous emmener à Puerto Obaldia pour plus cher, et on a refusé. Quelques minutes avant l’heure, un mec sympa qui apprenait à son fils à conduire son bateau, nous a proposé aussi de nous emmener, pour le même prix que Wai, mais comme on est réglos, on a refusé.

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L’attente est insoutenable !

Et quand Wai est arrivé, l’air à peine réveillé et franchement en gueule-de-bois, il nous a dit « Finalement j’ai pas pu trouver d’autres passagers, donc ce sera 80 000 ». Tu m’étonnes, si tu les cherches au fond de ta bouteille d’aguardiente dégueulasse, ça doit pas marcher terrible, le business.

Du coup, on a refusé, mais comme il ne voulait pas s’être levé pour rien, il nous a arrangé un truc : un bateau plus gros, chargé de touristes fortunés, venait de se décharger dans un restau et allait les attendre pendant qu’ils faisaient la balade à La Miel. On a cru comprendre qu’ils devaient aller déposer des trucs à Puerto Obaldia (mais c’était pas clair) et Wai a négocié avec eux pour qu’ils nous emmènent. Evidemment, si on avait su, on leur aurait juste filé les mêmes 40 000 qu’ils ont eu et pas laissé 20 000 au mec bourré qui voulait nous arnaquer. En tout cas, y’a eu un gros moment de flottement où on ne savait pas trop ce qui allait nous arriver, mais les mecs qui nous emmenés avaient l’air bien plus réveillés et organisés, et en plus le bateau était super grand et avait de l’ombre ! (Certains bateaux ont un toit en tissu, et on a bien aimé, pour nos petits coups de soleil)

Enfin, nous voilà à Puerto Obaldia. Ici, personne n’utilise le débarcadère, on préfère largement descendre dans la flotte avec nos chaussures de rando et nos sacs dans les bras puis marcher sur la plage de galets et d’ordures ! On rencontre les militaires de l’immigration, laconiques mais limite cool à côté des restaurateurs de Sapzurro. Ils nous regardent le passeport et nous posent 2-3 questions, puis c’est la fouille. On vide tous nos sacs, on explique que là, c’est des affaires de toilettes, là c’est des culottes (merci monsieur), là, attention ça pue, c’est du linge sale de randonnée tropicale (tu l’auras bien cherché monsieur). Ensuite on va au bureau de l’immigration et on constate nos privilèges : un passeport français, ça se tamponne direct : on donne la photocopie qu’on a préparé, on ne nous demande même pas le certificat de vaccination pour la fièvre jaune (dammit !) et roule, ma poule, tout le monde dehors !

Les Colombiens n’ont pas cette chance : leur passeport est pris en photo, envoyé par Whatsapp à Bogota (c’est le seul truc qui marche ici, bravo la sécurité et la souveraineté) qui, ensuite, interroge Interpol. S’ils ont des antécédents avec la justice, ils se font refouler (comme ce fut le cas pour notre voisin de bureau plutôt sympa). Même si ce n’est pas le cas, l’opération dure minimum une demie journée, et s’ils arrivent un vendredi soir, on espère qu’ils aiment ce bled, parce qu’ils y seront au moins jusqu’à lundi midi !

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Le bled, parlons-en ! Une base militaire, 4 rues, un restau, deux hôtels, presqu’autant d’édifices institutionnels que de maisons, mais la seule différence visible, c’est les panneaux sur la façade. On y a donc passé l’après-midi, laborieusement : on a trouvé quelques touristes avec qui papoter (les gens du coin avaient pas hyper envie), on a regardé des séries, on a fait un tour du village, puis un autre… La ville compte environ 1000 habitants (on suppose), on a du en croiser une vingtaine, maximum, et une dizaine d’étrangers. Étrange… Enfin, quand la nuit est tombée, tout a fermé, on avait mangé un almuerzo très tardif, on s’est couchés tôt.

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Pour conclure, vous avez du comprendre qu’on s’est pas éclatés des masses aujourd’hui. En fait j’écris (Alice) cet article le lendemain. J’avais vraiment pas envie d’écrire après cette journée un peu nulle. Mais le lendemain, c’est pas mieux, et du coup je suis hyper remontée, donc voila, je râle, parce que ça fait sentir mieux aussi, un peu. Désolée, merci, des bisous !

2 réponses sur “Entrée au Panama”

  1. C’est ça le voyage !!!
    Ici à Pont les Moulins 170 habitants, il règne une animation folle ces jours ci. Comme il fait super beau les tondeuses , coupe haies et autres résonnent toute la journêe de leur charmante musique ( aujourd’hui c’était chez nous avouons le ), les cyclistes sont en goguette et se racontent leur vie en traversant le village, on a papoté avec la voisine et un méchant rapace s’est sauvagement jeté sur une de nos poules qu’il a déchiquetêe, bref si 2 jeunes voyageurs s’etaient arrêtês ici , ils n’auraient pas ête dêçus du voyage !!
    Allez bonne suite de voyage et achetez vous un beau chapeau… un panama bien sûr !!
    Plein de bisous

  2. Elle a raison Christine, c’est ça un voyage sac à dos…
    Il faut bien redescendre un peu pour bien profiter de la suite…

    Aujourd’hui, ma plus grande aventure a été de rentrer chez un fabricant de vérandas…

    Bises !

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