Esteli – Jour 1 : on se déplace

Aujourd’hui, on a quitté Matagalpa. Nos copains sont partis vers les plages de la région de Léon, on est restés dans les montagnes pour continuer notre tour des bastions socialistes (les mecs qui ont fait la révolution, pas les éléphants qui votent Macron).

Le bus a probablement été un des plus durs, parce qu’il était très plein, et qu’on était debout ! La région est assez pauvre, les gens se déplacent tous en bus pour aller travailler dans les villes voisines (et voir leurs enfants une fois par mois, pour une paie de 3$ par jour, youpi). Ce matin donc, le bus partant toutes les demi-heures, on est partis sans attendre, pour 2 heures de trajet, dans un nuage de poussière, accrochés aux barres du plafond, bousculés par les vendeurs de poulet ou d’herbe miraculeuse (il parait que le fenugrec est bon pour les hémorroïdes, le cancer et les tumeurs, l’impuissance… c’est peut-être vrai, mais certainement pas dans des petits sachets en plastique qui passent de main moite en poche suante).

Esteli, c’est une ville coloniale (comme la plupart des villes où on passe), mais jamais au sens des gens du coin. Ici, tout le monde nous envoie vers les « villes coloniales » quand elles sont jolies, avec des maisons anciennes à balcons en bois, peintes de toutes les couleurs. Malheureusement, tous les bleds n’ont pas les moyens de Granada pour épater les touristes (et quand on se prend une éruption ou une révolution sur la gueule, forcément…). Par contre, toutes les villes ici ont un plan parfaitement orthogonal. Les maisons sont organisées en îlots de tailles très TRÈS régulières et la distance ne s’exprime pas en mètres, mais en blocs. On a mis un moment à comprendre que quand on nous dit 100 ou 300 mètres, en fait, c’est 1 ou 3 blocs, peu importe leur taille.

Du coup, toutes les villes d’Amérique Centrale ont des grosses similarités : un des blocs du centre est le Parque Central, avec un de ses voisins qui est la cathédrale, et la mairie sur un autre côté. Une des avenues qui le borde est l’Avenida Central, les rues et avenues sont numérotées, et, comme à New York, une seule route vient déranger les petits carreaux alignés. Bon, à New York, c’est Broadway, mais ici, c’est la Panaméricaine, et c’est classe quand même (mais moins éclairé).

Bon, du coup, Esteli, on a vite compris comment c’était foutu, et on est allés vers l’auberge qu’on avait réservée. On a galéré à la trouver, et en fait, notre chambre avait été donnée à une nana qui avait prolongé son séjour, y’avait une histoire de sac, on n’a rien compris, mais on est allés à côté, et c’est super. Quand on a cherché un petit restau qui était conseillé par le guide, pareil, on a galéré à trouver… En fait, toutes les adresses sont super mal indiquées, ce qui est fou parce qu’avec un système de rues aussi bien organisées, ça devrait être facile. J’ose pas imaginer si des locaux déménageaient dans un village français, avec des petites impasses et des rues qui tournent avec des noms marrants…

On a été aussi été dire bonjour à l’agence touristique à but non lucratif, avant d’aller manger. Une fois au restau, on a été soumis à une observation détaillée par les 3 à 6 gamines qui étaient à la table d’à côté, qui ont fini par nous réclamer de traduire tous leurs prénoms en français. Pour Maria, c’était facile, pour d’autres, dont je ne suis pas capable d’écrire le prénom, ça l’était moins. Par contre, en partant, elles nous ont dit « Au revoir », en français dans le texte !

Tout cela se finit maintenant vautrés, repus, et à demain pour de nouvelles aventures !

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